Laurentides : Le projet se poursuit pour mieux protéger la faune en étudiant les collisions routières et les passages sous route.

Communiqué de presse

Éco-corridors laurentiens, en collaboration avec l’Université Concordia avec la participation financière de Mitacs et Parcs Canada, poursuivra ces deux projets à l’été 2026.

 

L’enjeu de mortalité routière et la situation des tortues dans les Laurentides

Les collisions routières avec la faune sont une menace importante pour plusieurs espèces dans les Laurentides.  En plus des dommages matériels, ces collisions entraînent généralement la mort de l’animal. Il est essentiel d’agir afin d’atténuer l’impact des routes sur les populations fauniques locales.

 

Les statistiques de collision faunique se concentrent majoritairement sur les mammifères de grande taille. En effet, ceux-ci causent davantage de dommage aux véhicules et sont déclarés au Ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD). Les mammifères de petites et moyennes tailles, les amphibiens, les reptiles et les oiseaux passent quant à eux souvent inaperçus et ne sont que rarement déclarés. Par conséquent, il est important de mener des recherches sur ces espèces et d’étudier les secteurs où se concentre la mortalité, en particulier pour les espèces menacées.

 

Les tortues – notamment la tortue des bois, une espèce menacée – sont un bon exemple d’espèces fortement impacté par les collisions routières. Leurs habitats sont dégradés par l’étalement urbain et le changement de vocation des terres, en particulier des milieux humides et des rives. Les routes représentent donc une barrière importante à leur déplacement entre des milieux humides et hydriques (Fédération canadienne de la faune). Les bordures des routes peuvent attirer des femelles pour y pondre dans les bordures de sable et de gravier, les exposant ainsi de façon démesurée aux collisions. Toutefois, comme la plupart des espèces de petite taille, les données de collisions pour les tortue sont fragmentaire.

Pour en apprendre plus sur les tortues ou pour signaler leur présence, rendez-vous sur carapace.ca.

 

La méthodologie 

 

À l’été 2025, deux étudiantes à la maitrise à l’Université Concordia ont lancé leurs projets de recherche. Le premier, porte sur la réalisation de relevés de mortalité routière, effectués le long de la route 117, entre Nantel et Saint-Jovite, ainsi que sur le chemin du Lac-Supérieur.

 

Ces inventaires ont documenté 249 animaux tués sur la route 117, incluant notamment des écureuils roux, des lièvres d’Amérique et des cerfs de Virginie. Au total, 1864 animaux ont été recensés sur le chemin du Lac-Supérieur, principalement des grenouilles vertes et d’autres amphibiens.

 

Dans le cadre du second projet, des caméras ont été installées dans 16 ponceaux situés le long des deux axes routiers. Il s’agit de caméras à détection de mouvement et de caméras à intervalles réguliers (time-lapse). Les caméras à détection de mouvement visent à observer l’utilisation des ponceaux par les mammifères à sang chaud, tandis que les caméras time-lapse permettent de documenter le passage des reptiles et amphibiens à sang froid sous la route. Les caméras time-lapse augmentent le taux de détections des petits mammifères qui passent inaperçus par les caméras de détection de mouvement.

 

 

Les objectifs

 

Ces études concomitantes ont pour objectif d’identifier des points chauds de mortalité routière et de documenter l’utilisation des infrastructures existantes par la faune afin de proposer des pistes de solutions permettant l’établissement de passages fauniques sécuritaires.

 

Cela comprendra des recommandations visant l’amélioration des structures existantes afin d’en accroître l’accessibilité et d’encourager davantage leur utilisation par la faune, réduisant ainsi les traversées en surface.

Le projet permettra également de sensibiliser les usagers du secteur à la présence de la faune sur la route.

Le projet se poursuivra en 2026 avec des inventaires de mortalité routière de mai à août. Nous invitons les usagers à demeurer attentifs et prudents en raison de la présence des équipes sur le terrain, particulièrement sur le chemin du Lac-Supérieur. Les caméras sont visitées mensuellement d’avril à novembre.

 

Citations

 

« Cette étude est particulièrement urgente en raison de l’expansion rapide de l’étalement urbain et de l’augmentation des volumes de circulation. De nombreuses personnes dans la région ne sont pas conscientes du nombre d’animaux tués par des véhicules sur les routes. » Dr Jochen Jaeger, professeur associé à l’Université Concordia.

 

« Sur le terrain, plusieurs personnes nous ont fait part de leur préoccupation face au nombre élevé de carcasses de mammifères de moyenne et grande taille observées sur les routes du Québec. Toutefois, ces observations ne reflètent pas le véritable taux de mortalité, qui inclut les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et de nombreux autres animaux de petite taille. La réduction de ces mortalités suscite un intérêt public important. » – Amanda-Faith Gélinas-Noble, candidate à la maîtrise, Université Concordia, projet de recherche en écologie routière.

Nous planifions une session d’information pour les citoyens de la MRC concernant le projet à Lac Supérieur en avril 2026. Détails à venir. Pour en savoir plus sur nos projets, consultez notre bulletin d’information:
https://spectrum.library.concordia.ca/id/eprint/996512/1/Bulletin_d_information_1_Final_FR_B1_20251126.pdf

Financement

Parcs Canada protège et met en valeur des exemples représentatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada, et en favorise chez le public la connaissance, l’appréciation et la jouissance, de manière à en assurer l’intégrité écologique et commémorative pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Les lieux historiques nationaux, les parcs nationaux, les aires marines nationales de conservation, les canaux patrimoniaux et le parc urbain national du Canada, dont l’Agence Parcs Canada est la fière intendante, offrent aux Canadiens plusieurs occasions d’en profiter : ils peuvent visiter et découvrir ces lieux patrimoniaux ainsi que développer un sentiment d’attachement personnel à l’égard de ces endroits, de manière à ce qu’ils revêtent une signification particulière pour eux. Parcs Canada s’acquitte de ses responsabilités en travaillant en collaboration avec le public, d’autres ministères fédéraux, les provinces, les territoires, les peuples autochtones et les intervenants. Le ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature est responsable de l’Agence Parcs Canada.

Parcs Canada

Depuis plus de 25 ans, Mitacs rassemble le milieu postsecondaire, le secteur privé, le gouvernement et des partenaires mondiaux pour résoudre des problèmes concrets, perfectionner les meilleurs talents et faire croître l’économie canadienne. En tant qu’acteur clé et catalyseur au sein de l’écosystème de l’innovation du Canada, nous travaillons avec près de 200 établissements postsecondaires de partout au pays et des dizaines de milliers de partenaires à l’échelle nationale et internationale. La mission de Mitacs est de stimuler la collaboration entre le secteur privé et le milieu postsecondaire, de déployer des talents qualifiés et de consolider la capacité d’innovation pour renforcer la productivité et la compétitivité du Canada sur la scène mondiale.

Mitacs

Source :

Kassandre Jenkins

Chargée de projets communications et marketing

Éco-corridors laurentiens

kassandre.jenkins@ecocorridorslaurentiens.org

À propos d’Éco-corridors laurentiens 

Éco-corridors laurentiens (ECL) est un organisme de bienfaisance qui met en œuvre une stratégie de conservation des milieux naturels et de protection des corridors écologiques dans les Laurentides, en étroite collaboration avec les organismes, les institutions et les citoyens.

www.ecocorridorslaurentiens.org

 

 

Auteur•es et collaborateur•trices

 

Arielle Limoges – étudiante à la maitrise à l’Université Concordia. Personne responsable des inventaires de mortalité routière.

 

Amanda-Faith Gélinas-Noble – étudiante à la maitrise à l’Université Concordia. Personne responsable du suivi des mouvements d’animaux dans les ponceaux par caméra.

 

Dr. Jochen Jaeger – professeur à l’Université Concordia. Superviseur du projet et du laboratoire d’écologie de paysage et étalement urbain.

 

Anie Rivard-Paré – chargée de projets, Éco-corridors laurentiens

Partager cet article